L’autorité du chef de famille

Le choix des écoles est une source d’angoisse pour certains parents prêts à faire de grands sacrifices afin de donner une bonne scolarité à leurs enfants. Mais attention ! 

L’école ne fait pas tout. Au contraire, les parents sont les premiers éducateurs des âmes que Dieu leur a confiées tout spécialement. Le principal de l’éducation se fait à la maison. Permetttez-moi alors de vous donner quelques conseils pédagogiques de base tirés du chapitre de la Règle de saint Benoît sur l’abbé, des conseils de bon sens sur l’autorité des parents. L’autorité des parents, du père et de la mère, est absolument nécessaire pour réussir une bonne éducation.

Que le père et la mère se souviennent du nom qu’ils portent et réalisent par leurs actes le titre de chefs de famille. C’est-à-dire qu’ils prennent conscience de leur participation à l’autorité de Dieu sur les enfants ; du fait qu’ils ont une vraie autorité sur leurs enfants quant aux vérités à savoir et au comportement à avoir. Ils ont à donner des ordres et des instructions comme un levain dans les âmes. Que le père et la mère se souviennent qu’ils devront rendre un compte exact au jugement de Dieu : sur leur doctrine et sur l’obéissance de leurs enfants. Auront-ils enseigné les vérités, et auront-ils fait ce qu’il faut pour que les enfants y obéissent ? Car il ne suffit pas d’expliquer mais il faut aussi appliquer.

Trop de parents ne croient plus à l’autorité oui démissionnent, car c’est une responsabilité difficile et laborieuse de conduire des âmes. Difficile, parce que l’éducateur doit s’adapter à chaque tempérament : à l’un, des conseils suffiront, d’autres devront être repris plus souvent, d’autres encore devront être corrigés plus durement. Difficile, car ils ne doivent pas fermer les yeux sur les bêtises, et bien au contraire ils doivent retrancher les défauts et les péchés jusque dans leur racine, et le plus vite possible, afin d’inculquer aux enfants de bonnes habitudes. Et en même temps, la correction doit être juste et ne pas trop racler la rouille ni éclater le roseau déjà froissé.

 

Un point très important : l’unité entre le père et la mère. Le doublement de l’autorité est voulu par Dieu car il la renforce par le nombre, et l’adoucit en même temps par la diversité des sensibilités. Mais cette double autorité n’est pas sans danger. Si les enfants sentent une opposition entre les deux, ils n’auront pas la tranquilité d’esprit pour recevoir en profondeur les bonnes choses. Ils risquent même de prendre parti pour l’un ou pour l’autre ou de s’engouffrer dans la faille pour suivre leurs bons plaisirs, ou encore de prendre prétexte de ces brouilleries pour tout rejeter. Selon Saint Benoît, la désunion entre les autorités est la pire des choses qui puisse arriver à une communauté. En revanche, l’autorité des parents sera d’autant plus acceptée que les parents montreront l’exemple dans leurs actes. Ils doivent inculquer ce qui est bon et sain par des actes plus que par des paroles. Et l’acte premier et fondamental est l’unité.

Un dernier point : saint Benoît met en garde les « chefs de famille » de ne pas négliger l’éducation des âmes, en donnant plus de soin aux choses passagères, terrestres et caduques. Qu’ils ne se préocupent pas à l’excès de la modicité des ressources, laissant les enfants souvent seuls à la maison. Un enfant devrait toujours trouver quelqu’un à la maison quand il rentre de l’école. Quelqu’un et non pas quelque chose.

F. Louis-Marie, o.s.b

Abbé du Barroux

(Editorial des Amis du Barroux – 15 septembre 2015)

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